La vie religieuse

vie-religieuse-1"Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux; puis viens, suis-moi."

[Mt 19,21]

« Grâce à la profession des conseils évangéliques, les traits caractéristiques de Jésus – chaste, pauvre et obéissant – deviennent ‘visibles’ au milieu du monde de manière exemplaire et permanente. »

[Vita consecrata, 1]

Qu’est-ce la vocation à la vie religieuse ?
Est-elle différente de la vocation de tout chrétien ?
Comment Dieu suscite-t-il une vocation ?
Quels sont les signes d’une vocation ?

 

Qu’est-ce la vocation à la vie religieuse ?

« C’est une alliance d’amour mutuel et de fidélité, de communion et de mission, établie pour la gloire de Dieu, la joie de la personne consacrée et le salut du monde. »

[Eléments essentiels de l’enseignement de l’Eglise sur la vie religieuse, 1983]

Elle est doncvie-religieuse-2

  • Une initiative divine – « Tel est le sens de la vocation à la vie consacrée : une initiative qui vient toute entière du Père (cf. Jn 15,16), qui demande à ceux qu’il a choisi la réponse d’un don total et exclusif… »
  • … pour la joie de la personne – « … L’expérience de cet amour gratuit de Dieu est à ce point intime et forte que la personne comprend qu’elle doit répondre par un don inconditionnel de sa vie, en consacrant tout, à ce moment-là et pour l’avenir, entre ses mains. » [Vita consecrata, no 17]
  • … et pour le salut du monde – « L’Église ne peut absolument pas renoncer à la vie consacrée, parce que celle-ci exprime de manière éloquente son intime nature “sponsale“. En elle, l’annonce de l’Évangile au monde entier trouve un nouvel élan et une énergie nouvelle. En effet, on a besoin de personnes qui présentent le visage paternel de Dieu et le visage maternel de l’Église, qui mettent en jeu leur propre vie pour que d’autres aient la vie et l’espérance. Dans l’Église il faut des personnes consacrées qui, avant même de s’engager au service d’une noble cause, se laissent transformer par la grâce de Dieu et se conforment pleinement à l’Évangile. » [Vita consecrata, no 105]

Est-elle différente de la vocation de tout chrétien ?

vie-religieuse-3Selon le Concile Vatican II, la consécration religieuse « s'enracine intimement dans la consécration du baptême et l’exprime avec plus de plénitude. » [Perfectae Caritatis, 5]

Jésus appelle certains à le suivre de plus près. Il a appelé douze apôtres et il en a choisi trois parmi eux pour être témoins de sa Transfiguration et de son Agonie. Mais un seul sera présent à la Croix, non pas qu’il soit plus courageux que les autres mais parce qu’il a aimé le Seigneur dans la fidélité et avec un cœur pur.

La vocation s’enracine dans la grâce baptismale mais elle n’est pas dans son prolongement. Le baptême ne comporte pas par lui-même l'appel au célibat ou à la virginité, le renoncement à la possession des biens, l'obéissance à un supérieur, sous la forme précise des conseils évangéliques. La profession de ces conseils suppose donc un don de Dieu particulier qui n'est pas accordé à tous, ainsi que Jésus lui-même le souligne dans le cas du célibat volontaire (cf. Mt 19,10-12).

D'ailleurs, à cet appel correspond un don spécifique de l'Esprit-Saint, afin que la personne consacrée puisse répondre à sa vocation et à sa mission. (Vita consecrata, n°30)

La consécration religieuse appartient à la sainteté de l’Église, c’est la vie de l’Église. Comme l’Église-Épouse du Christ tend à vivre le « oui » plénier de Marie, ainsi le religieux veut vivre ce mystère au cœur et pour l’Église. Ses vœux appartiennent à la sainteté de l’Église. La vie religieuse n’appartient pas à la structure hiérarchique de l’Église mais à sa vie.

Comment Dieu suscite-t-il une vocation ?

vie-religieuse-4« Toujours, Il m'a donné ce que j'ai désiré ou plutôt Il m'a fait désirer ce qu'Il voulait me donner. » [Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Manuscrit C 31]

Dieu se fait connaître, il fait connaître à chacun la profondeur de son amour. Il y a des vocations chics et des vocations chocs.

Les vocations chics ont eu leur éclosion dans des familles chrétiennes ferventes qui ont su faire connaitre le visage du Seigneur à leurs enfants (comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus).

Les vocations chocs sont des convertis chez lesquels le Seigneur a fait brutalement irruption (comme Saint Paul ou plus près de nous Charles de Foucauld).

Une vocation mûrit et s’approfondit avec le temps. La connaissance du mystère du Christ et de la vie pleinement évangélique permet de découvrir le don que Jésus nous fait de son amitié.

Oser l’amitié divine, oser répondre à la gratuité de l’amour alors qu’on ne se sent pas digne mais parce que le Seigneur le veut, est le pas déterminant à franchir dans la vocation.

La rencontre avec des grands témoins dans la communion des saints ou des religieux heureux dans leurs vocations.

La vie que Dieu nous a donnée est belle, il ne s’agit pas de renoncer au bonheur mais bien plutôt de nouer ma vie avec Celui qui me donne d’avoir part au bonheur qui ne finit pas : découvrir par Jésus l’amour du Père et laisser l’Esprit-Saint m’établir dans cette vérité.

Quels sont les signes d’une vocation ?

vie-religieuse-5le premier signe est celui de vouloir tout quitter pour Jésus. Jésus passait, il les appelait, ils quittaient tout et ils le suivaient.

« Seigneur à qui irions-nous, tu as les Paroles de la vie éternelle ». Un désir qui dure et qui s’intensifie avec le temps. Jésus appelle mais désire qu’on le choisisse au cœur de l’épreuve de la foi.

« Voici ta Mère », un grand désir de vivre le «oui » de Marie de l’Annonciation à la Croix. Une disponibilité plénière de suivre le Christ quoiqu’il arrive.

La Paix qui vient du règne du Père et qui peut très bien être donnée au milieu des plus grands tourments extérieurs (comme le refus de l’entourage de ma vocation).

La joie dans l’Esprit-Saint qui seule permet de faire ce grand pas qui nous sépare du monde.

Engager sa vie dans la foi d’Abraham et de Marie qui nous met dans la solitude.

Un grand désir de faire aimer Jésus et que d’autres puissent connaître ce bonheur.