Triduum Pascal, Saint Jodard 2018, un événement inédit ?

    On peut se demander quelle nouveauté revêt, dans un monastère comme le nôtre, un Triduum Pascal. La vie des moines n’est-elle pas justement vouée à ce genre de choses ? Cependant, les solennités pascales, source et sommet de la vie liturgique se succèdent mais ne sont jamais identiques.

    Ce qu’il s’est passé :

    Cette année, la Pâques avait la couleur de Saint Marc et Saint Jean. Le Triduum a été anticipé par la messe chrismale en communion avec tout le diocèse de Lyon autour de son pasteur le Cardinal Philippe Barbarin. Il a été ponctué de conférences spirituelles sur le thème de la passion débutées depuis le dimanche des Rameaux. Animés par le doyen des études et le Père-Maître, ces conférences avaient pour but de nous rendre attentifs d’une part à la personne de Jésus dans sa passion et d’autre part au sens que donnent les textes liturgiques du mystère que nous célébrons.

    La journée du  jeudi saint, commémoration de la Cène. Première messe et fête annuelle de tout prêtre "consacré à jamais selon l’ordre de Melchisedech" ! Ce jour a été marqué, pour la première fois à Saint Jodard, par le lavement des pieds au cours de la messe. Cela s’est ajouté au geste habituel des frères, plus tôt dans l’après-midi, de recevoir le lavement des pieds par le prieur de la maison. Remarquons ainsi que le jour de la fête des prêtres, l’Église prévoit pour eux, qu’ils se mettent en tenue de service et lavent les pieds des fidèles. Curieux ? Choquant ? Certes. Mais n’est-ce cependant pas ce que Jésus lui-même à fait ?

    La journée du vendredi Saint a connu le chemin de Croix prolongé par l’office de la Passion. Le chemin de croix a rassemblé une cinquantaine de personnes sur les sentiers de Saint Jodard, marchant à la suite de la Croix. L’office de la Passion est marqué par ce splendide geste de la vénération de la Croix. Qu’il est beau de voir toutes ces personnes embrasser la Croix, ou mieux Jésus sur la Croix, et penser que partout dans le monde, des milliers de chrétiens font pareil. Oui, il-y-a encore aujourd’hui, des hommes et des femmes (et pas que des moines) qui professent : « Jésus ! Je crois en toi, en toi sur ta Croix, Fils du Dieu vivant crucifié pour moi. ». Un riz blanc sans accompagnement au déjeuner et la soupe de melon au dîner avec en arrière fond la passion du Christ de J.Bach a permis aux frères et aux hôtes de se rappeler que « viendront des jours où l’Époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront » Mc 2,20.

    Le samedi saint est le jour le plus bouleversant du Triduum Pascal, car il ne se passe rien. Le plus difficile est de décider de l’attitude à adopter. Faut-il prendre le deuil ou préparer la Pâques ? L’Église nous propose une troisième option : l’Espérance, "la claire vision des réalités à venir".

    Et enfin, le sommet du Triduum Pascal : la Vigile Pascale. Le Christ Lumière du monde – Verbe de Dieu – notre Vie et notre Résurrection – Pain de la route, devient notre partage ! Oui, Christus surrexit ! Alléluia, Alléluia, Alléluia ! Et ce mystère est si grand que le temps s’arrête. Les huit prochains jours ne sont qu’un seul, le jour de Pâques. Très tôt le matin du dimanche s’est déroulé la procession de Sainte Marie-Madeleine durant laquelle nous avons eu l’occasion de rendre grâce au Seigneur pour ses bienfaits, de prier pour que les fruits de la Résurrection se déploient dans nos vies et celles de nos proches, et enfin de danser et chanter en honneur du Christ ressuscité. Et notre vœu le plus grand est que ces fruits de la résurrection se déploient dans la vie de tous et de chacun, Amen !

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