Mais enfin ça sonne tout le temps !

Il y a des semaines où les choucas de nos clochers ne peuvent pas se poser tranquillement, car ça sonne tout le temps. Et pour cause : quatre clochers tintent et carillonnent sur les deux versant de la Goutte Martel, ceux des deux églises et ceux des communautés des frères et des sœurs de Saint Jean.

Si les clochers de nos villages égrainent les heures et demi-heures, sonnent l’angélus, annoncent les messes, et informent par le glas qu’un chrétien est emmené au cimetière, les clochers des monastères rythment le temps de travail et d’étude, et appellent à la prière la communauté.

Au clocher de la Communauté des Frères de Saint Jean, trois cloches font entendre leur voix.

 

La majeure, qui sonne en Do, est consacrée à St Jean : c’est le Patron de la communauté ! Avec 1 mètre de diamètre, elle doit peser environ 600kg. Elle sonne les évènements importants : l’élection du Pape ou du Prieur Général, et bien-sur les messes du dimanche et les solennités, elle vient toujours en complément des deux autres pour apporter sa note solennelle. Elle ne sonne seule que pour une unique occasion : le glas pour un frère.

 

 

La médiane, qui sonne en Si-bémol, est consacrée à la Vierge Marie, avec ses 300kg, elle préside à la prière du dimanche et des fêtes : c’est la Bonne Mère qui invite ses fils à la prière. Elle est surtout sonnée à la volée avec sa benjamine qu’elle rend plus festive par son ton gracieux.

Enfin, la benjamine, appelée Joseph Simone qui de ses 250kg et par son Sol sonore anime la vie ordinaire de la communauté. Elle en annonce toutes les activités par un nombre de coup réglementaire selon leurs importances ; 8, 12 ou 15 coups ; et bien-sur, à la volée elle invite à la prière quotidienne soutenue ou pas, par ses deux sœurs. À noter qu’elle n’est la benjamine que par sa taille (70cm de Diamètre), car elle est la plus ancienne : elle date de 1947, elle rythmait déjà les activités des jeunes de l’Éducation Spécialisée.

 

 

C’est en 1983 que les frères ont complété le carillon pour solenniser la liturgie. Le vaste clocher a pu recevoir davantage de cloches, mais celles de l’origine, de 1900 lors de l’érection du clocher, ont été saisies en 1905 avec les bâtiments. Ont-elles été fondues en 14-18 pour faire des canons ? Pas d’information là-dessus. Ce dont on se souvient, c’est que nos trois cloches ont été menacées sérieusement en août 2008, lors de l’incendie de la chapelle. L’escalier du clocher était déjà parti en flamme, et c’est parce que le feu aurait pu s’étendre à toute la toiture que les pompiers ont d’abord attaqué le clocher, sauvant la maison et … les cloches. Sauvant par là-même un emploi : celui du frère dit « régulier » (notre bedeau). Il n’a pas moins de 48 combinaisons de sonneries à connaître pour informer les frères, les voisins, les fidèles qu’un office, une activité … va bientôt commencer. Les choucas sont les premiers informés, ils changent alors de perchoir, mais reviennent vite, car c’est là qu’ils nichent. Combien de choucas sont nés dans notre clocher ? c’est une question dont seul Dieu connaît la réponse

 

Les commentaires sont fermés.